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Quelques textes pour aller plus loin …

Avertissement : ces textes sont issus de notre expérience vécue, de l’enseignement que nous avons reçu. En aucun cas il ne peuvent faire office de vérité car la pensée est en mouvement permanent. Elle s’affine, se précise, se simplifie avec le temps…Ce qui veut dire aussi que ces textes peuvent faire l’objet de modifications au fil de notre évolution..

C’est juste un partage que nous vous proposons, à chacun d’y puiser ce qu’il souhaite.


La perception qui crée l’expérience

 

Je vais prendre une image pour démontrer cette affirmation.
Je me promène sous la pluie :

  • 1° situation : je viens de gagner le gros lot au loto et je danse sous la pluie,
  • 2° situation : je suis harassé par une journée difficile de travail et je râle contre la pluie.
  • L’ultime réalité c’est « il pleut » et  ma réalité c’est la vision que j’en ai. Triste ou joyeux, cela dépend beaucoup de ma vision des choses. C’est ainsi que je crée ce que je suis.
    Pour rappel le principe de création est : «pensée-perception-action ».

    Le regard sur les événements reste un choix que je fais. C’est un choix de libre arbitre qui définit qui je suis, qui je veux être, et comment je veux faire l’expérience de moi-même.
    Je peux changer de point de vue en toute circonstance en changeant d’idée quant au regard sur les choses que je désire.
    Je peux décider de ce que je veux voir, puis, l’ayant placé là, je l’y trouve. Cela nous amène à la pleine responsabilité de toutes nos actions et nos expériences.
    La perspective crée la perception et la perception crée l’expérience. L’expérience que la perception crée pour moi constitue ce que j’appelle « ma vérité », la vérité d’une autre personne est totalement différente. Ma vérité, c’est mon expérience réelle. Tout le reste, c’est l’expérience de quelqu’un d’autre, qui m’en a parlé. Cela n’a rien à voir avec moi.

    Choisir mes points de vue, c’est le processus par lequel je crée. Il est en amont du principe de création. Je peux employer le terme de « pensée racine ».

    La « pensée racine », c’est la posture d’être. Notre environnement socioculturel nous amène à adopter un positionnement. Comme l’eau en se déversant dans un récipient l’épouse parfaitement, en arrivant au monde, nous remplissons l’espace qu’on nous laisse. Une forme fantasmatique nous est donné par  cet espace limité .
     Cet espace est un cadre relationnel fait de lois à respecter, celles de la  famille, de la société, du monde. De là prend racine une pensée d’être : on se pense comme on nous a pensé. On adopte une posture d’être. Elle est unique par sa façon de se diffuser et  se reflète dans tous nos modes relationnels.
     Cela nous amène à vivre les choses à notre manière, toujours la même. Nous sommes alors dans des habitudes/vérités. Habitudes dans notre façon de voir, sentir, d’entendre et de toucher, dans notre façon d’expérimenter. C’est- à dire des habitudes comportementales qui se reflètent dans toutes nos  relations car toutes nos relations respectent ce schéma qui nous est propre. Il ne peut en être autrement. C’est comme cela que l’on revit des situations relationnelles agréables et désagréables. On transpose le passée sur le présent, on ne fait que voir le passé dans le présent, on calque en permanence.

    Si vous n’entendez cette démonstration, au fait que nous choisissons un point de vue désiré, vous n’en feraient pas l’expérience.

    Notre point de vue affecte notre perception, qui affecte notre expérience et notre expérience renforce notre point de vue. Nous sommes dans l’évidence. Evidence de nous-même et des autres. C’est le processus qui fait que nous croyons toujours savoir ce que l’autre va dire ou faire, que nous croyons toujours savoir comment nous allons être , comment nous allons réagir,  dans telle ou telle situation. Penser savoir c’est limiter, c’est se limiter. S. Loste

    « Rien de ce qui est observé n’est laissé intact par l’observateur » Albert Einstein.



    Pour aller plus loin…« La pensée est de l’énergie pure : une matière qui donne une forme.

     

    C’est une matière énergétique qui crée notre environnement, notre réalité quotidienne. A partir du moment où je pense, je crée ;  Pour dire les choses plus simplement : je vois, (j’entends et je sens..)  ce que je pense, uniquement. Si je pense avant de voir, je vois ce que je pense.

    Nous avons le choix avec nos pensées :

    1. Les laisser à l’intérieur (non exprimées)
    2. Les réaliser, c’est à dire les manifester par la parole, le faire.

    Le processus de la création commence par la pensée ; Ensuite vient l’expression de cette pensée. Tout ce que l’on vit, actions et non-action,  est l’expression d’une pensée. Le processus de création est donc le suivant : Pensée, perception, action
    Toutes les  pensées sont créatrices, c’est  le Verbe.

    L’énergie de la pensée ne meurt jamais, elle se transforme en permanence.  Elle s’étend à l’univers entier, à l’image d’une vague, d’une onde. Nous sommes de grands producteurs d’ondes..
                                                         
    Comment ça marche ?

    L’être humain est un ensemble Corps/Esprit.
    C’est parce que nous avons un corps que nous avons un esprit : sans corps d’où jaillirait mon sentiment d’être  vivant ?  Et sans esprit/pensée comment vivre avec mon corps, le faire bouger, le penser, évoluer ? Les deux sont interdépendants et n’existent donc, n’apparaissent,  que par l’autre. Le lien Esprit/Corps est la base de notre Etre : cela fait de nous des êtres sensibles, nous avons des émotions, des humeurs, en permanence.
    Qu’est ce qu’une émotion sinon une pensée qui rencontre une sensation physique ? Manger, courir, marcher procure une sensation qui se transforme en émotion, agréable ou désagréable. Notre interaction avec le monde extérieur nous renvoie en permanence des émotions selon la loi du plaisir/déplaisir :  j’aime ou  je n’aime pas.

    Donc le corps, les pensées et l’émotion.

    Comment pouvons nous agir sur ce processus ?

    Nous sommes plusieurs : l’être humain est constitué d’une multitude de formes d’êtres, comme  nos petits enfants éparpillés. Ce sont tous les enfants réactionnels que nous avons été, qui se manifestent au présent, dans notre quotidien.
    Enfant, nous avons été jeté au monde, dans une famille, un environnement socioculturel que nous n’avons pas choisi. Il nous a fallu nous adapter en répondant à la demande des adultes qui nous entouraient. Ainsi nous avons déployé différentes réponses, ou différentes non réponses,
    des façons d’être, selon ce que nous avions en face. Nous pourrions dire que nous avons déployé des formes d’être.

    A chaque fois que nous avons vécu une émotion non exprimée elle s’est imprimée dans le corps sous forme d’amas énergétiques.
    Tout ce qui n’est pas exprimé est imprimé dans le corps.
    Nous sommes pétries de non-dits, de non-être. Nous grandissons avec ces mémoires, nourrit jour après jour, sans que l’on s’en rende compte. Ces amas énergétiques (des sortes de nœuds ou trous noirs selon le cas)  engendre un être qui compense, pris dans ses habitudes :  c’est à dire un être qui maintient artificiellement une certaine posture. La posture que son environnement lui a permis d’avoir. Entendons bien que l’enfant n’a pas le choix
     
    Les adultes sont encore des enfants, qui s’ignorent. C’est parce que l’enfant que nous avons été n’a pas accepté une situation - sentiment d’injustice- que l’adulte que nous devenons recrée et par là re-vit cette injustice. L’ego ne peut aller que vers ce qu’il connaît, il ne peut reconnaître que ce qu’il à déjà connu.

    Arrive un jour où ces mémoires, trop nourrit,  se réveillent et cela peut occasionner des douleurs au niveau des muscles, des organes et dans une forme extrême cela peut même modifier la santé, le métabolisme de la cellule. Ce sont les limites du corps.
    Notre corps est limité quand notre imaginaire est illimité. Par ces douleurs, le corps signifie quelque chose, il dit simplement STOP. Quelque part et surtout si on veut bien le voir, le corps nous amène la conscience. Il s’agit alors de réajuster son positionnement face à une situation, de réajuster son regard.
    Comprendre nos réactions, c’est à dire les accepter,  c’est entrer dans l’action, le choix.
               Cela se fait dans le temps, par  l’observation et  l’écoute de soi : la présence dans son corps. S Loste

     


    Le positionnement énergétique

     

    Lors des textes précédents nous avons insisté sur deux points principaux :

    1. La pensée comme une énergie créatrice : quand je pense, je crée ma situation.
    2. Notre posture d’être dans le monde

     

    Nous allons ici revenir sur les pensées. Nous avons différents types de pensées, qu’on pourrait nommer  comme étant des pensées négatives et positives.
    Des tests montre comment une pensée négative (disons la tristesse) peut nous faire vaciller et comment une pensée positive (la joie par exemple) peut nous maintenir dans la verticalité, sur nos deux jambes.

    (Vous pouvez testez vous même : vous vous mettez debout, de dos à votre partenaire. Vous rentrez dans une pensée agréable, ça peut être n’importe quoi : un plat que vous aimez, une situation agréable, penser à une personne… une fois que vous êtes prêt, demandez à votre partenaire d’exercer une poussée au milieu de votre dos pour vous faire vaciller, et vous, résistez à cette poussée. Faites la même chose avec une pensée désagréable puis comparez votre degré de résistance, votre capacité à tenir debout, quand vous êtes dans une pensée positive ou négative..Ce test montre clairement l’influence de la pensée sur la verticalité, sur le corps.)

    Il apparaît dés lors que pour évoluer, vivre confortablement dans le monde, nous ayons besoin de pensées positives, car c’est par elles que nous tenons debout, que nous avançons.
    Typiquement, l’état amoureux permet de trouver une grande force. Avec lui, nous évoluons avec le sentiment d’être transporté, nous pouvons soulever des montagnes, défier le monde. De la même manière, l’achat d’un objet peut nous remplir de joie.
     Ce que je vais dire maintenant n’est pas évident à entendre mais  les choses m’apparaissent ainsi : avec le temps, la joie procurée par soit l’achat d’un objet, soit par la relation amoureuse s’atténue, s’use. Dés lors, par réflexe et pour pouvoir retrouver cette joie, un sentiment de plénitude (être dans la plénitude, c’est être plein…! ! !), on va acheter un autre objet, ou on va chercher un autre amour.

    Ce que je décrit là, de façon extrêmement simpliste, c’est ce besoin que nous avons de nous remplir des choses qui nous entoure. Un objet peut nous remplir, tout comme une personne, tout comme la nature, tout comme une situation. On se sert de l’extérieur pour se sentir palpiter à l’intérieur. L’extérieur, par les objets qu’il me procure, nous fait vivre.

    Ainsi fonctionne notre mental, c’est à dire toutes nos pensées, en un mot : l’Ego : il prend tout, tout le temps. L’ego, tout comme la nature, a horreur du vide. Nous passons notre temps à nourrir notre ego, à nous nourrir, mais nous finissons toujours par être insatisfaits : une faim refait systématiquement surface. Cette faim peut se traduire par un sentiment amer, une impression de s’être fait « abusé »  par l’autre, ou encore par une impression de vide intérieur…
    C’est ce qui fait que nous sommes tantôt dans une montée, tantôt dans une descente. La montée, c’est quand nous sommes remplis, mais elle prépare à la descente (et vice et versa). C’est le yoyo de la vie : monter, descendre. Ici, on est dans l’humeur, les émotions, l’ego.

    J’insiste sur l’aspect illusoire des pensées positives car notre mental perçoit plus facilement l’effet destructeur des pensées négatives et a tendance à valoriser les positives .
    Je m’explique un peu plus : 
    Nous avons tendance à considérer cet état « de bonne humeur » comme étant celui qui nous est le plus approprié.  Plus simplement : il est agréable d’avoir l’impression d’être bien. Etre bien socialement (j’ai un beau métier), être bien physiquement (j’ai un beau corps), être bien mentalement (j’ai des pensées nobles et participe à des œuvres de charités…)…etc.  Mais « être bien » reste une impression !
    Nous sommes tous, à des degrés différents  et par des manifestations différentes, dans cette démarche : celle du bien être, ce qui revient à celle du  bien faire.
    Nous pensons savoir ce qui est bien pour nous et pour les autres.
    J’ai bien dit « nous pensons » car je sous entend qu’en réalité « nous créons ce qui est bien ou mal pour nous ».

    Car ce qui nous fait du bien, comme ce qui nous fait du mal, fait partie de la même chose : le résultat de l’ensemble de nos pensées.
    Pour être plus claire, enfant on nous a appris à considérer telle chose comme agréable et telle chose comme désagréable. On nous a dit : ça s’est bien, ça s’est mal /  ça tu peux le faire, mais pas ça..
    Nous l’avons enregistré comme tel pour nous et cela se traduit dans le regard que nous avons sur les autres.  Une grille bien/mal défini, nous évoluons dans le monde à travers elle. Ainsi nous avançons toujours entre des opposés : bien/mal ; agréable/désagréable ; positif/négatif. Ce qui signifie que nous passons notre temps à nous positionner à travers des opposés qui ont été défini pour nous. Ces opposés ne nous appartiennent pas. Ils sont les règles et le cadre que la société/famille doit imposer pour faire régner l’ordre. Cette grille c’est un  peu comme un programme socioculturel. Chaque individu est programmé par les autres, dés l’enfance, et c’est ce qui fait qu’il va évoluer d’une certaine manière. Il ne peut qu’exécuter son programme.
    (Je parle ici du programme issu du fruit de la pensée des autres, car la conscience, quand elle apparaît,  dévoile d’autres possibles, un autre dessin . ça fait partie des cadeaux de la vie :  avoir l’occasion de se déprogrammer)

    C’est en ce sens que nous entendons « positionnement énergétique ». Une posture énergétique qui favorise la rencontre d’autres énergies spécifiques, leurs alimentations.
    Pour exemple, dans un coup de foudre amoureux, on se sent irrémédiablement attiré par l’autre, amoureux transi, sans rien pouvoir expliquer. Les énergies entre les deux protagonistes s’épousent naturellement, comme une évidence : ils se remplissent mutuellement. Ce sont deux formes pensées qui se rencontrent et qui s’emboîtent comme un puzzle. Le coup de foudre est un cas extrême, mais le processus est ainsi dans toutes les relations. Chaque situation relationnelle nous fait déployer une forme pensée/forme d’être, c’est un réflexe.

    Ce qui revient à dire que nous donnons une forme à chacune de nos relations.

    Ainsi, par ce positionnement énergétique, nous allons être amené a rencontrer inlassablement certaines situations, établir un certain type de relation, quasi toujours à l’identique.

    Concrètement qu‘est ce que tout cela signifie ? 
    Cela signifie que toutes nos pensées conditionnent notre positionnement au monde, (notre ego est une énergie  ! ! !), même les plus nobles du point de vue de la société.
     Se connaître, c’est reconnaître toutes nos pensées dans leur totalité, les défaire du jugement qui les accompagnent : bien / mal, positif / négatif.  C’est prendre conscience de son type de relation à l’autre, au monde. C’est percevoir que l’on re-crée notre environnement par ces pensées ancrées en nous, on crée ce qui est bien comme ce qui est  mal. On juge en permanence, en se jugeant soi-même.
    Se réaliser revient à abandonner peu à peu toutes ses pensées, sortir du jugement de soi et des autres :  cela passe par l’acceptation. Fondamentalement « bien être » n’a aucun sens, il suffit d’être. S. Loste

     


    la Conscience modifiée ou la rencontre phénoménale JUIN 2007 : discours destiné aux sophrologues, lors de la  rencontre des Praticiens en Sophrologie Existentielle, Aquitaine. Quelques passages ont été modifiés depuis..
     

     

    En Conscience ordinaire nous sentons les choses. En Conscience ordinaire nous sommes des êtres de dépendance.   C’est la sensation que procure la relation à l’objet de dépendance, qui crée, chez la personne, le sentiment d’exister. Nous sommes des êtres d’émotions, nous cherchons l’émotion, qui dit émotion dit sentiment marié à sensation.
    En conscience ordinaire le corps nous parle, se fait sentir, et l’on trouve normal qu’il respire, vive, marche, court, pense, qu’une  montée d’adrénaline  se  double  d’un sentiment de puissance, de plaisir.
    En conscience ordinaire nous sommes dans un monde d’évidences.
     Nous sommes des êtres fabuleusement ignorants. Nous trouvons nos émotions tellement normales que nous n’y faisons pas attention, quelque part   nous n’en avons pas conscience.
    On ressent, on sait ce qu’on éprouve, mais ça fait parti de soi intégralement .On ne se questionne pas.
    Le rouge est rouge, le vert est vert, c’est comme ça. Je suis rouge et puis voilà, je sais très bien qui je suis.

    Prenons l’exemple  de la respiration.  Pour être juste je dirais que respirer est une évidence qui n’en est pas une, puisque c’est à partir du moment où nous faisons attention à sa présence  que ses mécanismes apparaissent  avec leur  complexité, leur ingéniosité, pour faire place à une nouvelle simplicité.

    La simplicité passe par la complexité, comme la lumière passe par l’obscurité. Nous sommes régit par une grande loi qui est celle du Paradoxe.  : Une chose, (fait, idée, phénomène,) n’existe que par son contraire.

    Je récapitule : nous vivons en conscience ordinaire en sentant  les choses, nous les trouvons normales, agréables ou désagréables. Nous vivons avec ce lien Corps/Esprit, c’est à dire nos émotions, nous sentons et pensons. Nous trouvons cela normal.
    Puis un jour nous nous posons des questions, le doute apparaît sur l’évidence de soi, des autres. Qui suis-je ? Suis je bien « cela ? »

    Ce que je viens de  décrire c’est le phénomène d’apparition de la  conscience. C’est le passage de la conscience ordinaire à la conscience « modifiée ».  Elle  apparaît dés qu’on se questionne, puis elle se développe par son ouverture ou ses degrés, jusqu’à arriver de nouveau à l’évidence : «  je suis là »  et non plus «  je suis ça ».

    ++++

     

     

    Revenons brièvement à la conscience ordinaire qui nous permettra de mieux saisir la conscience «  modifiée ». Il me semble qu’un des bons moyens de parler de la fusion/confusion est de décrire un peu la relation amoureuse.  Nous avons tous une capacité de projection extrêmement créatrice. En effet, en projetant sur l’autre, nous lui  faisons  prendre la forme, l’image que nous souhaitons.

    La relation amoureuse à ceci d’intéressant c’est que sa projection est très puissante et riche. L’autre doit nous représenter à lui tout seul. Dans cette relation exclusive, plus besoin des autres miroirs,  des autres  relations, pour compléter notre tableau. On plonge tout dans l’autre : ce qu’on croit être et ce qu’on voudrait être. C’est un cas extrême de fusion totalisante. Je suis dans l’autre, il est dans moi et personne ne se voit, ni ne se connaît.
    Il m’apparaît qu’en conscience ordinaire nous sommes constamment à la recherche extérieure de cette fusion primaire, fusion amoureuse. Si je poussais un peu le raisonnement je dirais même que notre parcours en conscience ordinaire est tapissé de relations de type amoureuses. Toujours le bien faire, la séduction qui nous taraudent et nous motivent à aller vers les autres. Sauf que ces liens amoureux sont illusions. En se servant de l’autre, on s’aime. En lui donnant une forme, on se forme. Cette forme que nous projetons n’est pas la notre, mais l’idéal que nous avons de nous même. C’est St François d’Assises qui a dit très simplement « nous sommes ce que nous cherchons ».
    Il m’apparaît que l’on peut généraliser ce processus de tissage aux idées et aux objets qui nous entoure. Nous avons un besoin farouche de prendre, de s’approprier le monde, pour le garder bien au chaud chez soi. Cette appropriation multiple s’insère dans notre corps, le fait vivre ; le fait devenir un corps d’illusions. Si nous nous remplissons de la sorte des autres, des choses du monde extérieur,  c’est que sûrement nous ressentons un vide…celui de ne pas être.

    L’homme est un chercheur dans l’âme, là ou ca devient plus embêtant c’est quand il cherche à l’extérieur et qu’il trouve. Et puisqu’il cherche il trouve. C’est exactement l’histoire symbolique  du disciple à qui son maître dit « quand tu rencontres Bouddha tue le ! » Tuer ces croyances pour se  trouver.  Mais tuer ses croyances s’est sortir de la toile du monde, c’est relâché ce qui nous relie aux autres. Cette toile qui nous permet de tenir, d’être fixé : nous sommes portés par tous ses liens sociaux.
    On connaît la toile qui représente notre monde dans ces moindres recoins, nous l’avons tissé avec soin, très naturellement, en croyant bien faire…

    Et la conscience dans tout ça ? Où est-elle ?
    La conscience est là, en nous, mais elle sommeille, enfouie derrière ces croyances. Il est sûrement arrivé à chacun de vous de vivre l’émergence de cette conscience. Elle émerge à des moments donnés, lors d’un deuil, d’un voyage, d’un accident, d’un déménagement. Un  événement extérieur bouscule tout à coup l’image que l’on avait de soi. Un reflet qui nous était cher disparaît et  la  conscience se manifeste. Le « Qui suis-je ?» apparaît  sans crier gare. C’est parce que l’image s’envole que nous la voyons. Un vide apparaît. C’est une sorte de mort qui amorce aussi la naissance d’une intentionnalité.
     Mais  souvent,  notre mental se remet aussitôt en route pour trouver un autre support, c’est un réflexe de survie. Nous avons dans ces cas là une grande capacité d’adaptation. Il s’agit de vite remplacer le manque, de reconstituer l’image  cassée. Alors nous comblons/remplaçons ce vide, à l’aide d’une nouvelle relation, pour retrouver ce qu’on était, mais la relation aura une autre forme. Nous avons changé mais seul notre corps a enregistré le changement, pas le mental. Lui il reste dans sa croyance d’être ce qu’il était.

    C’est toute la magie de la conscience ordinaire : la capacité que nous avons de nous sentir toujours les mêmes, quand nous sommes toujours différents. Nous avons changé de forme d’être mais nous ne le savons pas encore. Le corps, lui, sait, car le corps est mémoire.

    J’aimerai voir avec vous  ce réflexe de protection de cette image de nous même.
    L’homme a besoin d’être reconnu, l’homme a peur de l’abandon. Son entrée au monde a été quelque peu brutale, il a dû sortir du ventre de la mère : c’est sa première expérience de l’abandon/la séparation/ la mort.

    Un fil qui casse et ce sont les sentiments de non reconnaissance et d’abandon qui émergent, un bout d’homme qui tombe. Sans fil, sans toile du monde, l’homme risque de tomber totalement dans le vide, dans  l’inconnu. Ce n’est pas pour rien que l’on tisse autant en Conscience ordinaire, on a peur de tomber. Qui n’a pas fait ce rêve un jour ? Ça fait parti des peurs primaires et archaïques de tout un chacun. Mais ça veut dire aussi que nous avons conscience de ce vide, nous l’avons vécu, ce rien qui peut nous engloutir…et du coup, on s’accroche, on tricote à tout va…reconstituer son image, son image du monde....garder cette image telle est notre œuvre en CN.

    Ce vide représente la mort en conscience ordinaire. Mort de tout ce qu’on a crée. Nous avons une grande peur de la mort et c’est parce que nous avons peur de cette mort que nous survivons. Nous voulons arrêter le temps que nous voyons  filer, nous voulons le rattraper, l’optimiser, le remplir le plus possible, l’étendre à l’infini. Nous avons conscience de la transformation, les choses s’usent, changent, évoluent, c’est trop  intolérable ! Tout bouge !  Du  coup on fixe tout,  en commençant par soi : c’est un réflexe. Le monde se transforme en un tableau. On fixe le décor, on donne une place à tout, on s’installe chez soi, on a un centre : l’ego
    On se place à  l’intérieur du décors mais sans dépasser le cadre : les limites de notre monde.
     Photo, arrêt sur image, c’est le seul moyen que nous ayons de  reconnaître les choses que l’on a déjà connues. Et ce qu’on a connu c’est  la place de l’enfant que nous avons été. L’enfant, créé, moulé  par un espace de relations, par le regard des autres, par  leurs réactions.
    En conscience ordinaire, l’adulte est un enfant qui s’ignore, un enfant dans le bien faire, rongé par la culpabilité, boosté par la peur de l’abandon et  le besoin de reconnaissance, il est dans la séduction.
    L’homme se  fixe sur une forme d’être, une forme d’existence. Il fait en sorte que le monde épouse cette forme imagée. Pour se former, il déforme le monde.
    Ce  processus naturel fait qu’il y a autant de mondes qu’il y a d’individus sur terre…nous sommes ici très loin de la réalité objective.
    Dés lors nous survivons. Survivre : vivre au dessus…Nous sommes partout excepté là  où nous devrions être : éparpillé dans le temps et dans l’espace, pétri de passé, projetés vers le  futur. Nous pensons être au présent quand nous sommes dans d’autres temps : nous sommes  une image passée insérée dans des images futures.

    C’est la logique des paradoxes : plus j’existe, moins je suis.  En conscience ordinaire,  je, c’est l’autre (Lacan). Fusion/confusion : je confonds tout : moi et les autres qui  me constituent ; J’habite chez les autres, les autres habitent chez moi, dans mon corps ; ils ont de la place puisque je ne suis pas dedans ! ! !
     Nous sommes de fabuleux émetteurs/récepteurs : nous nous  laissons remplir par les autres, nous nous déversons en eux.
    Nous émettons  une image grâce au formidable pouvoir de création qu’est l’énergie de la pensée : c’est le verbe créateur :  si je pense avant de voir, je vois ce que je pense .
    Nous recevons les énergies des uns et des autres, du monde des idées et des vivants, qui nous  emplissent comme s’emplit un vase, une coupe, de différents liquides.

    Qu’est ce qui m’appartient et qu’est ce qui appartient aux autres ?
    Qui suis-je dans tout ce magma?

     

    Les Relaxations dynamiques nous apprennent  à  nous reconnaître. La première phase c’est le nettoyage, nous découvrons, à travers ce corps mémoires, ses émotions,  comment nous avons vécu, quel a été notre rapport au monde. Au fur et à mesure, nous ne faisons que découvrir ce qui était déjà là mais que nous refusions d’accepter. Ce qui était déjà là, c’était le corps/psyché en transformation, c’est à dire toutes les formes d’être que nous avons été, notre histoire.

    Mémoires du corps
    Nous découvrons avec le temps et la pratique régulière, que notre relation avec l’espace intérieur se reflète dans notre relation avec le monde : C’est toute la question du schéma corporel vivant et l’image fantasmatique du corps (« Moi peau » d’Anzieu) . Un phénomène (un ressenti) dévoile un bout de schéma corporel, tout en nous révélant un bout de notre image fantasmatique. C’est exactement ce que je disais lors d’une prise de conscience en état de survie : quand un reflet part, nous le voyons. Et bien, avec les Relaxations, c’est comme si nous provoquions ce processus de prise de conscience : en vivant un phénomène intérieur, dans le corps, on réalise une image extérieure. En bref, une vivance tue un bout d’image, et du coup le fait apparaître. Ainsi nous découvrons au fur et à mesure que nous avons déployé différentes façons d’être, différentes formes, pour sur vivre. Pour dire les choses simplement, nous nous rappelons, grâce aux mémoires du corps, comment nous avons été jusqu’à présent.
    Ainsi, la structuration intérieure de notre corps, la complexe connexion de nos liens internes, physiologiques, se retrouve, comme une copie conforme, dans nos liens avec .le monde. En bref, l’extérieur n’est que le pâle reflet de notre intérieur vécu : je suis dedans comme je suis dehors, avec la même forme.  Tout un programme ! 

    J’ai bien dit que les vivances tuaient. Car faire de la sophrologie c’est apprendre à mourir, un peu plus chaque fois, dans l’image qu’on a de soi. Des émotions, on passe aux (au) sens, l’essence. Plus je découvre mon schéma corporel vivant, de plus en plus subtil et profond, plus je réalise mes projections fantasmatiques et plus je rentre dans la réalité objective. Nous faisons ainsi le vide plein de vie : nous laissons de la place à l’Etre Créatif, l’Etre en mouvement permanent.

    Mais revenons de façon plus globale à cette conscience modifiée et ce qu’elle fait apparaître.
    Nous vivons dans un monde phénoménologique, où tout est relation, rencontre. Le phénomène c’est le résultat d’une rencontre. Tout dépend de quelque chose pour apparaître. Sans lumière, rien n’apparaît. De façon plus subtile, si l’obscurité n’existait pas, la lumière ne serait pas une lumière et ça va dans les deux sens. Cela  paraît simpliste de premier abord mais c’est fondamental : c’est   la rencontre des contraires  puis leur chimie subtile, qui créait la chose, le phénomène. C’est  l’évidence des paradoxes : Pour les taoïstes,  YIN rencontre YANG. Pour les sophrologues : CORPS rencontre ESPRIT, deux énergies différentes se mettent en relation, le phénomène essentiel apparaît, l’Etre. Et ce qui éclaire ce phénomène essentiel c’est la conscience.

    En rentrant dans mon corps par la respiration consciente, je ne fais que rentrer mon attention dans mon corps/psyché, je m’intéresse à moi. Intentionnalité, visée ,  ce mouvement de la conscience à l’intérieur dévoile l’être.  Ce que je dis c’est que la différence fondamentale entre la conscience ordinaire et la conscience « modifiée » c’est le refus ou l’acceptation du phénomène.

    Etre en conscience « modifiée »  c’est rester le plus possible dans le temps T décrit par Henri Ey : à la croisée de la transcendance et de l’immanence, du temps mondain et du temps intérieur, à la croisée de  notre esprit et de notre corps : c’est à dire  au présent,  notre corps. 

    Avec la sophrologie nous ne faisons que re-découvrir un être lié à tout ce qui l’entoure, lié à l’univers, aux autres. La conscience met en lumière jusqu’au tissu relationnel qui nous précède , le tissu qui se trouve sous le filtre de notre mental, il met en lumière ce qu’on pourrait appeler la matrice du Tout : l’Origine. La conscience éclaire ce qui est déjà là. Elle n’invente rien, elle dévoile juste. Paradoxalement, c’est par la verticalité que l’horizontalité apparaît.



    VOIR SCHEMA

    TOUT EST LA
    (Cercle des initiés + Schéma d’Henri Ey)
    JE SUIS DEJA LA

    1) Je veux connaître : intentionnalité, début de la Conscience Modifiée

     2) ATTENTION/CONSCIENCE
    Je  vise ma cible qu’est mon corps,
     avec mon attention/conscience
     grâce à la respiration.

     

    3) Je dévoile au fur et à mesure le phénomène,
    la croisée :  l’ETRE CREATIF, je suis de plus en plus au présent.
    Et en passant d’un cercle à l’autre, j’élargis mes limites, mon monde, la conscience du monde, je discerne de plus en plus ce qui est déjà là, dans la réalité objective :  c’est la vacuité, l’ouverture du champ de conscience.
    Plus je suis ouverte et plus je peux recevoir avant d’émettre : c’est la relation du sophrologue.

    Con-science de Soi = Con-/naissance du Monde/Univers
    C’est à dire :
    Avec l’expérimentation de Soi on va  vers une renaissance du monde/Univers

     

    ++++

     

     

    Avant de terminer, je voudrais partager avec vous une chance phénoménale que nous avons, celle de se faire guider par notre corps sensible.

    Le corps nous parle par ses vivances. Et  plus on pratique, plus ce langage est clair, plus nous l’entendons. C’est un peu comme quand on apprend une nouvelle langue : au début, on patine un peu, on comprend un mot sur deux et au fur et à mesure, on comprend de plus en plus de mots, des phrases entières…un dialogue peut s’instaurer. Dialoguer avec son corps, c’est savoir l’écouter. Comme un compagnon de route qui informe, le corps nous guide. Notre corps, par notre conscience dévoilée de plus en plus, devient  notre voix, voix intérieure qui donne les informations dont nous avons besoin pour être en accord avec nous même. Et être en accord avec nous même, c’est respecter cet Etre en nous, cette trace.
    Grâce à la conscience de plus en plus subtile, de plus en plus forte, nous pouvons ressentir à la fois ce que nous émettons et ce que nous recevons. La seule chose que nous ayons à faire, dans notre relation au monde, c’est de percevoir ces phénomènes, les accueillir.
    …..
    En ce sens,  ce n’est pas le « je suis ça »  qui nous intéresse, mais le « je suis Là ».
    (Un grand merci à ma cousine Nancy Ruspoli, qui, par sa lecture attentive et ses conseils avisés  m’a aidé à clarifier ce texte )
     S Loste

    Allons encore un peu plus loin….
    Notre corps est le lieu de rencontre des énergies qui nous entourent, celles des autres mais aussi les deux principales, celles de la terre et du ciel. Les bouddhistes et autres traditions nomment très bien ce lien essentiel ciel /terre, sans forcement rentrer dans une croyance. C’est le Chi pour les uns, le Grand Tout pour d’autres, Dieu, la voie du tao, la Source..que sais-je encore  ? Beaucoup de méthodes corporelles (et notamment le chi cong, yoga, sophro, ..etc) permettent de re-vivre ce lien essentiel. Nous sommes debout grâce à ce lien, c'est lui qui nous porte, mais nous l'oublions. Ce qui se passe au quotidien c'est que nous nous servons des autres, dans nos relations, pour nous maintenir en verticalité. Du coup, comme ce sont les autres qui nous maintiennent, comme nous dépendons d'eux pour exister, quand ils bougent, on bouge. C'est ce qui fait que nous sommes ballottés par nos relations : on est bousculé, puis porté, rempli, puis vidé...on est guidé par nos réactions, nos émotions.
    On se trompe un peu de points d'appui, on oublie nos vraies racines, celles de l’être spirituel qui est en nous. Ce lien ciel /terre est ce qui nous rempli en permanence, c’est la Source de Toute Chose, il est toujours là.
    Se réapproprier ce lien essentiel, le revivre, permet de prendre de la distance par rapport à nos relations, de sortir un peu de l'émotion…
    S Loste